Sign@l - Nommer, c'est créer un peu De « Tiers-Monde » à « Tropicalisme » : les avatars d'un vocabulaire

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Titre

Nommer, c'est créer un peu De « Tiers-Monde » à « Tropicalisme » : les avatars d'un vocabulaire

Auteur Jean-Pierre Raison
Mir@bel Revue Autrepart
Numéro no 41, 2007 On dirait le Sud...
Rubrique/Thématique
On dirait le Sud...
 Le Sud en pleine tempête terminologique
Page 57
Résumé Nommer des concepts est un art délicat : il s'agit de définir des objets de recherche, de les situer dans un champ sémantique qui peut enrichir ou déformer la notion. La création verbale, limitée en France, s'y est montrée particulièrement active pour désigner le grand ensemble de pays, point toujours pauvres mais toujours « autres », au sud des vieux pays industriels. Les choix de vocabulaire ont donné lieu à d'amples débats, qui semblent s'apaiser et perdre de leur dimension idéologique, comme le montre l'analyse opérée sur les principaux vocables. Reste qu'il s'agit toujours de pays « autres » et que cette altérité est très loin d'être détruite par la mondialisation. On doute qu'il y ait encore une unité du Tiers Monde. L'heure est à des sous-ensembles qui tirent leur originalité de critères différents selon les cas. À titre d'exemple, l'auteur plaide pour un « tropicalisme » (à distinguer de la « géographie tropicale », terme plus vaste et plus vague) qui prendrait « principalement pour axe de travail les caractères spécifiques de l'écologie tropicale et leur interprétation, leur utilisation, leur transformation par les sociétés qui y vivent et en vivent ».
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais Naming something is rather like creating it. From “Third World” to “Tropicalism” : the avatars of vocabulary Naming concepts is a delicate art. It involves defining research subjects, situating them in a semantic field which can enrich or deform the notion. Verbal creation, which is limited in France, has proved to be particularly active for indicating the large group of countries, by no means always poor but always “Other”, to the South of the old industrialized countries. The choice of vocabulary has stimulated substantial debate, which seems to have calmed down and lost its ideological dimension, as the analysis conducted on the main terms shows. The fact remains that one is still talking about “Other” countries and that this alterity is far from being destroyed by globalization. It is doubtful if there still is a Third World. The trend now is to think in terms of sub-groups, whose classification stems from different criteria depending on the case. As an example, the Author argues in favour of a “tropicalism” (as distinct from “tropical geography”, a much wider and vaguer term) which would take “as main line of work the specific characters of tropical ecology and their interpretation, their utilization, and their transformation by the societies who live in and from that ecological system.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=AUTR_041_0057