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Titre Le premier mai à Berlin-Est dans les années 1950
Auteur Jérôme Bazin
Mir@bel Revue 20 & 21. Revue d'histoire
Titre à cette date : Vingtième siècle, revue d'histoire
Numéro no 98, avril-juin 2008 L'ombre portée de Mai 68
Rubrique / Thématique
L'ombre portée de Mai 68
Page 141
Résumé Dans le Berlin-Est des années 1950, vitrine du bloc communiste en construction, le premier mai représente un moment où ouvriers et personnel politique manifestent côte à côte, dans le climat tendu de l'établissement de la dictature. Face aux exigences des organisateurs qui cherchent à créer un cortège unifié et à transformer le rituel en cérémonie d'allégeance au régime, les participants se montrent réticents face aux consignes de mises en scène et prétendent faire entendre leurs voix au cours d'un rituel dont ils ne veulent pas être dépossédés. Les efforts d'appropriation du premier mai se font toutefois de plus en plus rares au fur et à mesure des années 1950, utilisent des moyens détournés et disparaissent finalement, sans pour autant que les participants se plient aux directives. Le pouvoir politique parvient certes à occuper l'ensemble de l'espace public, mais il ne réussit pas à diriger la population. Il offre à voir sa domination plus qu'il ne la fait reconnaître comme légitime. La portée politique du premier mai s'efface dès lors, au profit du caractère uniquement festif qui se retrouvent dans les fêtes organisées en marge du cortège principal.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Résumé anglais In East Berlin in the 1950s, May Day was an occasion when workers and political leaders would demonstrate side by side, in the strained climate that accompanied the establishment of the dictatorship. Whereas the organisers were trying to set up a unified march and to transform the ritual into a ceremony of allegiance to the regime in a city which was the showcase of the communist block, the participants were reluctant to follow any such instructions: they wanted to make themselves heard and didn't want to be deprived of their share of the ritual. Nonetheless, efforts to appropriate May Day became increasingly rarer through the 1950s, first making use of indirect means, and then vanishing altogether, without being successful at forcing participants to obey instructions. The political power managed to occupy the entire public space, but it didn't manage to direct the people. It showcased its domination more than it managed to have it recognized as legitimate. The political dimension of May Day disappeared in favour of a purely festive one which was expressed through the fairs on the edge of the main march.
Source : Éditeur (via Cairn.info)
Article en ligne http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=VING_098_0141