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Titre Affiliation ethnique et pression sociale en Macédoine1
Auteur Phalier Sardon
Mir@bel Revue Espace Populations Sociétés
Numéro no 3, 2008 Géopolitique et populations
Rubrique / Thématique
Articles
Page 401-410
Résumé Dans les pays issus de l'ancienne Fédération yougoslave existe une tradition ancienne de recueil de l'appartenance ethnique qui alimente des luttes de pouvoir entre les diverses communautés. De ce fait, chacun cherche à ce que sa communauté soit bien dénombrée, voire surestimée afin de lui permettre d'obtenir un maximum d'avantages. Cela entraîne tout un jeu de pressions et d'incitations dont les effets apparaissent dans les variations d'effectifs, d'un recensement à l'autre, impossibles à expliquer par la seule évolution démographique. Si la perméabilité d'un groupe à l'autre est rendue possible par le fait que, dans cette région, l'appartenance ethnique repose sur la déclaration personnelle, elle peut être renforcée par le fait que dans certains pays, en particulier en Macédoine depuis les accords d'Ohrid en 2001, la représentation politique des diverses communautés repose sur leur poids dans la population. Pour se faire une idée de ces changements dans la déclaration de l'affiliation ethnique au fil du temps, pour l'ensemble du pays, nous avons couplé, au niveau des municipalités, les réponses à la question sur l'affiliation ethnique des personnes ayant la même date de naissance. Cette procédure nous a ainsi permis de détecter les changements de déclaration. Plus de 700 000 couplages ont ainsi été réalisés. Sur l'ensemble de la Macédoine, 3% des personnes ont ainsi modifié leur déclaration d'affiliation ethnique entre 1994 et 2002, mais l'ampleur des changements varie largement selon la municipalité et le groupe ethnique. Il apparaît que la frontière la plus imperméable est celle de la religion.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais In countries of the former Yugoslav Federation there is a long-standing tradition of collection of ethnic affiliation, which sustains fights for leadership between communities. So, everybody tries to see his community very well numbered, even overestimated in order to maximalize advantages. This leads to a play of pressures and incitements whose effects can be seen in some population variations impossible to explain only with the demographic trend. Moves from one group to one another are authorized by the fact that, in this region, ethnic affiliation is only a personal statement. They can be reinforced in countries, especially in Macedonia since the 2001 Ohrid agreement, where political representations of communities are based on their weights in the total population. In order to get an idea on these moves in the ethnic affiliation declaration, answers to question about ethnic affiliation at the two consecutive censuses (1994 and 2002) of persons born the same day and living in the same municipality have been matched. This process permits to detect changes in declaration. More than 700 thousand matches had been done. On the whole Macedonia, 3% of persons have changed their ethnic affiliation declaration between 1994 and 2002, but extend of changes differs largely according to municipality and ethnic group. Religion seems to be the most impassable border.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://eps.revues.org/3478