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Titre Civilisation écologique et limites politiques du concept chinois de développement durable
Auteur Coraline Goron
Mir@bel Revue Perspectives chinoises
Numéro no 2018/4 Savoir et pouvoir dans la Chine du 21e siècle : la production des sciences sociales
Rubrique / Thématique
Dossier
Page 41-55
Résumé Initialement soutenu par le président Hu Jintao en 2007, le concept de civilisation écologique (CE) est désormais devenu un élément central de la rhétorique verte du Parti communiste chinois (PCC). La promotion politique de la CE par le pouvoir chinois s'est construite autour de l'argument théorique selon lequel la CE pourrait proposer une théorie alternative de développement, capable de révolutionner l'ordre économique écocidaire en place partout sur la planète, et d'entraîner une transition écologique mondiale. La CE constitue-t-elle une nouvelle théorie de développement qui permettrait aux chercheurs chinois de participer de manière substantielle aux discussions internationales sur le développement durable ? Dans la mesure où la notion de CE circule entre sphère politique et sphère académique, que dit-elle sur la capacité des « sciences sociales aux caractéristiques chinoises » à produire des concepts et des théories innovantes sur les enjeux de développement durable ? Cet article analyse ce que la CE apporte aux études sur la durabilité, aussi bien en Chine qu'internationalement, au travers d'une analyse de la relation entre connaissance et pouvoir qui en sous-tend le développement. À partir de l'analyse qualitative de documents politiques et d'une étude exhaustive des publications universitaires chinoises sur la CE, cet article examine les différents niveaux de signification politique et théorique qui ont progressivement été rattachés au concept de CE par les idéologues du PCC et par les chercheurs. Subséquemment, il analyse l'influence de ce discours sur la recherche chinoise portant sur le développement durable. L'article montre que le discours politique sur la CE limite de plus en plus l'espace discursif dont les chercheurs jouissent lorsqu'ils abordent sous l'angle critique le capitalisme, la démocratie, et d'autres éléments des théories politiques écologiques. Toutefois, il montre également que de nombreux chercheurs chinois continuent d'oeuvrer pour que leur discipline scientifique contribue aux discussions scientifiques internationales sur le développement durable.
Article en ligne http://journals.openedition.org/perspectiveschinoises/8887