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Titre Mobilités contraintes, pratiques différenciées. Tactiques de déplacement et d'installation des Syriens à Irbid (Jordanie)
Auteur Héloïse Peaucelle
Mir@bel Revue Espace Populations Sociétés
Numéro no 2-3, 2021 De la « ville revanchiste » à la « ville solidaire »
Rubrique / Thématique
La solidarité comme résistance face à la ville qui se ferme
Résumé Cet article propose d'étudier les effets d'une mesure coercitive appliquée aux Syriens qui proscrit la possession et la conduite de véhicules motorisés en Jordanie, pays où les déplacements sont dominés par la voiture personnelle.En se basant sur une ethnographie menée dans la ville d'Irbid, l'article s'intéresse aux tactiques et arbitrages établis par les Syriens pour se déplacer et accroître leur capital de mobilité en ville. Les contraintes politiques de mobilité pèsent avant tout sur les populations les plus fragiles. Cette réflexion questionne ainsi une dimension plus générale sur l'accès à la ville et interroge les effets des mesures discriminatoires appliquées aux réfugiés. Celles-ci concourent à l'exclusion sociale, et restreignent l'appropriation des espaces citadins.À l'aune de ces pratiques de mobilité, la gare routière de Cheikh Khalil se présente comme un cas d'étude singulier où se croisent différents flux de mobilité et plusieurs générations de la migration syrienne. L'identité du quartier est marquée par l'ancrage d'une communauté de migrants transfrontaliers en mouvement, dont les actions de solidarité s'adaptent au gré des évolutions contextuelles.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais This paper investigates the effects of a coercive measure applied to Syrians that prohibits the ownership and the driving of motor vehicles in Jordan, a country where travel is dominated by the private car.Based on an ethnography conducted in the city of Irbid, the paper focuses on the tactics and trade-offs established by Syrians to move around and increase their mobility capital in the city. The political constraints of mobility weigh above all on the most fragile populations. This reflection thus questions a more general dimension on access to the city and questions the effects of discriminatory measures applied to refugees. These contribute to social exclusion and restrict the appropriation of urban spaces.In the light of these mobility practices, the Cheikh Khalil bus station presents itself as a singular case study where different mobility flows and several generations of Syrian migration intersect. The identity of the neighbourhood is marked by the anchoring of a cross-border migrant community on the move, whose solidarity actions adapt to contextual changes.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne http://journals.openedition.org/eps/12062