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Titre Le choléra en milieu rural : la pandémie de 1866 dans les provinces de Namur et Luxembourg
Auteur Mélanie Bourguignon, Yoann Doignon, Thierry Eggerickx, Jean-Paul Sanderson
Mir@bel Revue Espace Populations Sociétés
Numéro no 2023/3, 2024/1 La mortalité selon les causes de décès : approches spatio-temporelles
Résumé Une pandémie majeure de choléra a frappé la Belgique en 1866, entrainant 43.400 décès (environ 30% des décès de 1866), et le recul de plus de 5 ans d'espérance de vie. Bien que le choléra soit souvent présenté comme une maladie urbaine, les campagnes belges n'ont pas été épargnées, et le sud de la province du Luxembourg fut l'une des portes d'entrée de la pandémie en 1866. Cet article répond à deux questions. Premièrement, pourquoi certains espaces sont-ils lourdement affectés par la pandémie alors que d'autres en sont épargnés ? Deuxièmement, quelles sont les caractéristiques des guéris et des décédés et dans quelle mesure diffèrent-elles ? En Belgique, la pandémie de choléra de 1866 a fait l'objet d'une production de données spécifiques, donnant lieu à des listes nominatives et détaillées des personnes atteintes (guéries ou décédées) de la maladie. Cet article est basé sur l'exploitation de ces données individuelles pour les communes des provinces de Namur et de Luxembourg (situées dans le sud du pays).En Belgique, la pandémie touche toutes les grandes villes, mais les taux de mortalité par choléra sont les plus élevés dans des communes rurales. En outre, la situation est très hétérogène dans les provinces de Namur et du Luxembourg, avec des niveaux très variables en termes d'incidence et de mortalité. L'intensité de la pandémie est essentiellement déterminée par la proximité avec des hot spots en termes de contagion (p. ex. à proximité de la frontière luxembourgeoise) et la présence d'axes de communication routiers, ferroviaires ou maritimes. La diffusion locale dépend quant à elle notamment de la mobilité locale et des densités de population. Concernant les déterminants de la mortalité par choléra, les analyses confirment l'effet structurant de l'âge avec un risque de décès élevé chez les plus précaires, c'est-à-dire les plus jeunes et les plus âgés. Des différences sont aussi observées selon l'appartenance socioprofessionnelle des individus et s'expliquent essentiellement par des critères de pauvreté, de fréquence de contacts interpersonnels ou encore de proximité liée aux conditions de travail.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Résumé anglais A major cholera pandemic struck Belgium in 1866, resulting in 43,400 deaths (around 30% of all deaths in 1866) and a drop in life expectancy of more than 5 years. Although cholera is often presented as an urban disease, the Belgian countryside was not spared, and the south of the province of Luxembourg was one of the gateways to the pandemic in 1866. This article answers two questions. Firstly, why were some areas heavily affected by the pandemic while others were spared? Secondly, what were the characteristics of individuals who recovered and those who died, and to what extent did they differ? In Belgium, the 1866 cholera pandemic was the subject of specific data production, giving rise to detailed nominal lists of people affected (cured or deceased) by the disease. This article is based on these individual data for municipalities located in the provinces of Namur and Luxembourg.In Belgium, the pandemic is affecting all the major towns, but cholera mortality rates are highest in certain rural municipalities. In addition, the situation is highly heterogeneous in the provinces of Namur and Luxembourg, with highly variable levels of incidence and mortality. The intensity of the pandemic is mainly determined by proximity to contagion hot spots (e.g. close to the Luxembourg border) and the presence of road, rail or sea links. Local spread depends on local mobility and population density. Concerning the determinants of cholera mortality, the analyses confirm the structuring effect of age, with a high risk of death among the most vulnerable, i.e. the youngest and the oldest. Differences were also observed according to the individuals' socio-professional background and can be explained essentially by poverty, frequency of interpersonal contacts and proximity linked to working conditions.
Source : Éditeur (via OpenEdition Journals)
Article en ligne https://journals.openedition.org/eps/14403