Contenu du sommaire : Penser les participations urbaines par les SIC : acteurs, objets et méthodes

Revue Revue française des sciences de l'information et de la communication Mir@bel
Numéro no 30, 2025
Titre du numéro Penser les participations urbaines par les SIC : acteurs, objets et méthodes
Texte intégral en ligne Accessible sur l'internet
  • Éditorial - Sarah Cordonnier accès libre
  • Dossier : Participation urbaine

    • Approche communicationnelle des participations urbaines : un nouveau paradigme de recherche ? - Smail Khainnar, Jean-Baptiste Le Corf, Stéphanie Laurent-Parravano accès libre
    • Le médiateur, acteur invisible de la participation des personnes réfugiées - Cécilia Brassier-Rodrigues accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Dans un contexte propice à la désillusion et au désenchantement, la participation citoyenne des personnes réfugiées se développe depuis quelques années en France. Elle est le signe d'une intégration pluraliste dans la société. Elle est également le résultat d'un long parcours qui nécessite l'accompagnement par un tiers. C'est le rôle de ce médiateur interculturel, souvent invisible, que nous analyserons dans cet article, en prenant appui sur les résultats de deux projets, coLAB et Partage de Cultures. Nous montrerons que, selon la nature de l'expérience vécue, ce tiers accompagne le cheminement des personnes réfugiées le long de leur parcours d'intégration pluraliste, leur permettant ainsi de quitter la posture de demandeur pour aller vers celle de participant.
      In a context conducive to disillusionment and disenchantment, the civic participation of refugees has been developing in France over the last few years. It is a sign of pluralist integration into society. It is also the result of a long process that requires the support of a third party. It is the role of this often invisible intercultural mediator that we analyse in this article, based on the results of two projects, coLAB and Partage de Cultures. We will show that, depending on the nature of the experience, this third party accompanies the progress of refugees along their pluralist integration path, enabling them to move away from the posture of applicant towards that of participant.
    • Communication territoriale et participation citoyenne : une étude de cas dans la région PACA - Cristiane Tavares-Rocha accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article propose une étude de cas menée dans cinq collectivités locales de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) afin d'interroger l'usage des dispositifs numériques de participation citoyenne dans les pratiques de communication publique territoriale. À partir d'une enquête qualitative fondée sur des entretiens semi-directifs avec des communicants municipaux et l'analyse des applications mobiles (Neocity et Maire & Citoyens), l'étude met en lumière les tensions entre ouverture participative et contrôle institutionnel. Si ces dispositifs sont présentés comme des outils de renforcement du lien avec les citoyens, leur mise en œuvre révèle une participation souvent instrumentalisée, cantonnée à l'information ou à la consultation sur des sujets mineurs. L'article montre ainsi que les communicants publics jouent un rôle d'intermédiaires ambigus, pris entre les logiques de proximité, les contraintes techniques et la volonté des élus de conserver la maîtrise des décisions. En mobilisant les apports théoriques des sciences de l'information et de la communication sur la communication publique et la démocratie participative, l'étude interroge les conditions d'un véritable renouvellement des pratiques démocratiques locales à l'ère numérique.
      This article presents a case study conducted in five local authorities in the Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) region, aiming to examine the use of digital citizen participation tools within local public communication practices. Based on a qualitative investigation involving semi-structured interviews with municipal communication officers and an analysis of mobile applications (Neocity, Maire & Citoyens), the study highlights the tensions between participatory openness and institutional control. While these tools are promoted as means to strengthen ties with citizens, their implementation often reveals a form of instrumentalized participation, limited to information dissemination or consultation on minor issues. The article thus shows that public communicators act as ambiguous intermediaries, caught between proximity-driven logic, technical constraints, and the elected officials' desire to retain control over decision-making. Drawing on theoretical contributions from information and communication sciences concerning public communication and participatory democracy, the study questions the conditions for a genuine renewal of local democratic practices in the digital age.
    • Participation urbaine citoyenne et espace public au Kazakhstan - Elmira Prmanova accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article interroge le rôle des médias numériques (pure players) dans la construction médiatique des figures de la participation citoyenne urbaine au Kazakhstan, dans un contexte d'espace public en voie de consolidation. À partir de l'analyse de trois actions protestataires survenues en 2019 à Almaty et Ouralsk, il examine les récits produits par cinq pure players kazakhs, en croisant une approche narrative et une analyse quantitative du contenu. En mobilisant les notions d'espace public officiel, populaire et numérique, l'étude s'inscrit dans une réflexion plus large sur les formes de participation citoyenne dans les régimes autoritaires post-soviétiques. Elle vise à éclairer la manière dont les médias numériques, perçus comme porteurs de renouveau, participent à la mise en récit des engagements citoyens et contribuent à structurer les frontières symboliques entre l'expression encadrée par le pouvoir et les dynamiques de contestation.
      This article examines the role of digital media (pure players) in the mediated construction of urban civic participation figures in Kazakhstan, within a context of an emerging and contested public sphere. Based on the analysis of three protest actions that took place in 2019 in Almaty and Uralsk, it investigates the narratives produced by five Kazakh pure players, combining a narrative approach with quantitative content analysis. Drawing on the concepts of official, popular, and digital public spheres, the study contributes to a broader reflection on forms of civic engagement in post-Soviet authoritarian regimes. It aims to shed light on how digital media, often seen as agents of renewal, contribute to the narrative framing of citizen engagement and help shape the symbolic boundaries between state-regulated expression and protest dynamics.
    • Essaimer des graines de création au cœur de la communication - Marielle Bourdot accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Alors que la participation citoyenne est devenue un outil stratégique pour les décideurs politiques, les artistes ou collectifs sont sollicités pour impliquer les citoyens dans les projets urbains, tant dans l'espoir de favoriser l'émergence d'idées nouvelles que pour recréer un espace de dialogue avec les habitants. Ces méthodes sont perçues comme innovantes et dynamiques. Parallèlement à ces actions, d'autres formes de participation citoyenne émergent, plus spontanément, en marge des institutions. Ces initiatives, souvent liées à des mouvements sociaux, se caractérisent par une forte dimension créative et artistique. Notre étude se concentre sur ces formes de « communautés créatives » (Manzini, 2014) et plus particulièrement sur les dispositifs créatifs collectifs au « Quartier libre des Lentillères » à Dijon. L'objectif étant d'analyser les enjeux communicationnels et artistiques de ces pratiques participatives, ainsi que leur rôle dans la dynamique de ces espaces. Nous exposerons notre méthodologie, ainsi que les méthodes et les modes de communication employés sur le terrain pour favoriser la participation citoyenne. Nous nous attacherons enfin à montrer que ces initiatives visent à transformer en profondeur nos modes de vie et nos villes.
      As citizen participation has become a strategic tool for policymakers, artists and collectives are being called upon to involve citizens in urban projects, both in the hope of fostering the emergence of new ideas and recreating a space for dialogue with residents. These methods are perceived as innovative and dynamic. Alongside these actions, other forms of citizen participation are emerging, more spontaneously, on the fringes of institutions. These initiatives, often linked to social movements, are characterized by a strong creative and artistic dimension. Our study focuses on these forms of “creative communities” (Manzini, 2014), parallel forms, and more specifically on the collective creative devices at the “Quartier libre des Lentillères” in Dijon. The objective is to analyze the communication and artistic challenges of these participatory practices, as well as their role in the dynamics of these spaces. We will present our methodology, as well as the methods and modes of communication used in the field to promote citizen participation. Finally, we will focus on demonstrating that these initiatives aim to profoundly transform our lifestyles and our cities.
    • Les communs urbains comme formes renouvelées de la participation : Le cas des tiers-lieux culturels - Maud Pelissier, Émilie Pamart, Magkou Matina accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Cet article traite de l'émergence de l'agir en commun dans les tiers lieux culturels comme formes renouvelées de participation citoyenne dans la fabrication urbaine Ces espaces, ancrés dans une critique des modèles urbains néolibéraux, se présentent comme des laboratoires d'expérimentation de dynamiques coopératives originales avec un fort ancrage dans l'économie sociale et solidaire.
      This article addresses the question of the emergence of urban commons as innovative forms of citizen participation in urban manufacturing, with a special focus on cultural third places. These spaces, rooted in a critique of neoliberal urban models, are analyzed as experimental labs developing original participatory dynamics, with strong roots in the social and solidarity economy.
    • L'art urbain comme devenir de la participation citoyenne ? - Laura Sofía Martinez-Agudelo, Sophie Mariani-Rousset accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Le street art est une voie non-officielle de participation citoyenne. Son rôle contestataire et sa place dans le paysage urbain suggère que le dessin lui-même est un outil de réflexion et de communication puissant et transgressif. Le choix du lieu/support pour sa réalisation engage un point de vue et de possibles effets visés. Lors d'une enquête effectuée en 2023, nous avons proposé à 48 habitant·e·s de la ville de Besançon de dessiner librement sur des supports papier représentant 6 lieux/façades du centre-ville. Des enregistrements audiovisuels témoignent du dessin en train de se faire et du discours accompagnant sa réalisation. Il était question de mobiliser des représentations collectives et des actions potentielles sur ces espaces (méconnus, perçus, pratiqués et/ou habités). Quel type de pensées, besoins et désirs citoyens inspirent l'aménagement ou le détournement (via le dessin) de ces lieux ? L'analyse catégorielle des dessins et des registres audiovisuels permet d'établir quatre modalités et voies motivant la participation citoyenne. Ainsi, sous une approche communicationnelle, cet article propose un dispositif de médiation artistique pouvant s'inscrire au sein de protocoles de concertation habitante et de démarches participatives ayant pour objectif l'adaptation ou la transformation des espaces urbains.
      Street art is an unofficial modality of civic participation. Its anti-establishment role and its place in the urban landscape suggest that drawing itself is a powerful and transgressive tool for reflection and communication. The choice of place/support for its realization engages a point of view and possible intended effects. During a survey carried out in 2023, we invited 48 Besançon residents to draw freely on paper supports representing 6 downtown locations/facades. Audiovisual recordings document the drawing in progress and the accompanying discourse. The aim was to mobilize collective representations and potential actions on these spaces (unknown, perceived, practiced and/or inhabited). What kind of thoughts, needs and desires do citizens have that inspire the development or detour (through drawing) of these places? A categorical analysis of the drawings and audiovisual registers reveals four modalities and pathways motivating citizen participation. In this way, under a communicative approach, this article proposes an artistic mediation device that can be incorporated into citizen consultation protocols and participatory approaches aimed at adapting or transforming urban spaces.
  • Varia

    • Deux temps, trois mouvements - Florian Rosinski accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      L'article propose une analyse du discours opéré sur la photographie numérique comme objet exposé dans le domaine de l'art contemporain. Il revient en détail sur un corpus de médiations d'expositions-jalons historiques datant de la fin des années 1980 et le début des années 1990, confronté avec quatre cas d'expositions tenues entre 2019 et 2021. Deux temps du discours émergent, mis en mouvement par la médiation en trois mouvements. Ces deux temps et trois mouvements s'avèrent fructueux pour analyser les propositions singulières de l'art contemporain, dont le flou discursif est éclairé par une approche communicationnelle. Émerge une conception du discours d'exposition fondé sur une logique interrogative et non déclarative, fertile pour exercer et penser la médiation culturelle de l'art contemporain.
      This article offers an analysis of the discourse surrounding digital photography as an exhibited object in the field of contemporary art. It examines in detail a corpus of exhibition mediations from historical milestone shows dating from the late 1980s and early 1990s, compared with four case studies of exhibitions held between 2019 and 2021. Two phases of discourse emerge, set in motion by mediation in three movements. These two times and three movements prove fruitful in analysing the singular proposals of contemporary art, whose discursive ambiguity is illuminated through a communicational approach. What emerges is a conception of exhibition discourse grounded in an interrogative rather than declarative logic, one that proves fertile for both practising and reflecting on the cultural mediation of contemporary art.
    • #NousToutes, des réseaux sociaux numériques aux médias « traditionnels » : lutte pour une visibilité médiatique - Irène Despontin Lefèvre accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Dès son lancement au cours de l'été 2018, le collectif féministe français #NousToutes se distingue par la « centralité » accordée à la communication. Au-delà de lui permettre d'organiser le travail militant et encadrer la participation de ses membres en interne, le collectif utilise les réseaux sociaux numériques pour communiquer sur ses actions. En se constituant en source auprès de journalistes, ce travail de visibilité est notamment destiné à être repris par les médias « traditionnels » en vue de faire la Une. Ce travail de mise en visibilité doit nécessairement être appréhendé au regard d'un impératif médiatique qui anime la stratégie du collectif depuis son lancement. Fruit d'une enquête (n)ethnographique réalisée entre 2018 et 2021, cet article est articulé autour de trois parties. Après avoir exposé la méthodologie de l'enquête, il s'agira de revenir dans une deuxième partie sur le travail de communication externe du collectif en vue de médiatiser ses actions. Dans ce cadre, seront interrogés d'une part la stratégie continue d'interpellation en ligne des acteurs et actrices médiatiques par le collectif, et d'autre part, le travail de communication autour des manifestations de novembre. La troisième partie reviendra sur le travail de médiatisation déployé par les membres du collectif. Seront ainsi abordés la manière dont le collectif se constitue en source auprès des journalistes, ainsi que les dispositifs internes de formation des militantes aux enjeux médiatiques.
      Since its launch, the French feminist collective #NousToutes has been characterized by the “centrality” accorded to communication. In addition to enabling it to organize its activist work, the collective uses digital networks to communicate about its actions. By establishing itself as a source for journalists, the collective aims to be picked up by the “traditional” media. This strategy of visibility must necessarily be understood in the light of the imperative of media coverage. Based on a (n)ethnographic survey carried out between 2018 and 2021, this article is structured in three parts. After outlining the research methodology, the second part looks at the collective's external communications work, with a view to publicizing its actions. In this context, we'll examine the collective's ongoing strategy of online interpellation of media players, as well as its communications work around the November events. The third part will look back at the media work carried out by members of the collective. We'll look at the way in which the collective acts as a source for journalists, as well as the internal mechanisms for training activists in media issues.
    • Renforcer la communication responsable des entreprises avec l'éthique en communication - Kévin Martinez-Sanna accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      En règle générale, la communication des organisations vise à promouvoir l'organisation et, par extension, son activité marchande. Or, on constate que la (sur)consommation de biens et de services proposées par les entreprises produit des externalités négatives environnementales. Ainsi, l'article vise à répondre la question suivante : dans quelle mesure la communication d'entreprise peut-elle être responsable (soutenable) en ayant des objectifs communicationnels visant à inciter à la (sur)consommation de ses produits ou services ? Pour ce faire, l'article présente et caractérise la notion de « communication responsable ». Puis, il questionne les limites de la communication responsable à partir d'exemples portant sur la téléphonie mobile. Enfin, afin d'éclairer les communicants dans leurs choix communicationnels, il propose de compléter les critères génériques de la communication responsable par la mobilisation d'une éthique en communication (Benoit, 2012) permettant de conscientiser davantage les effets des actions des entreprises tout en prenant en compte les différents contextes situationnels.
      As a general rule, organizational communication aims to promote the organization and, by extension, its commercial activity. However, it can be observed that the (over)consumption of goods and services offered by companies generates negative environmental externalities. This article therefore seeks to answer the following question: to what extent can corporate communication be responsible (sustainable) when its communicative objectives are designed to encourage the (over)consumption of its products or services? To this end, the article first presents and defines the notion of responsible communication. It then examines the limits of responsible communication through examples drawn from the mobile phone industry. Finally, in order to guide communication professionals in their strategic choices, it proposes complementing the generic criteria of responsible communication with an ethics of communication (Benoit, 2012), aimed at raising awareness of the effects of corporate actions while taking into account the various situational contexts.
    • Développement de l'esprit critique chez les lycéens : quels effets d'un dispositif de lutte contre les fake news ? - Sophie Demonceaux, Valentin Moison, Sophie Morlaix accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      À l'ère de la surinformation et des réseaux sociaux numériques, les jeunes sont particulièrement exposés à la désinformation et aux fake news. Le développement de l'esprit critique constitue alors un enjeu éducatif majeur. Cet article présente les résultats d'une recherche menée auprès de lycéens de seconde, dans le cadre d'un dispositif expérimental conçu pour lutter contre la désinformation et renforcer les compétences informationnelles des élèves. L'expérimentation pédagogique a été réalisée dans 30 classes, auprès de plus de 700 élèves. Les résultats montrent une amélioration significative des compétences des élèves en matière de vigilance face aux informations, de vérification des sources et d'identification des fake news. Toutefois, les effets apparaissent différenciés selon le genre et le contexte scolaire. Si les résultats soulignent l'efficacité pédagogique et l'intérêt perçu par les lycéens, ils révèlent également un transfert limité des acquis dans les pratiques quotidiennes.
      In the era of information overload and digital social networks, young people are particularly exposed to disinformation and fake news. Developing critical thinking skills has therefore become a major educational challenge. This article presents the results of a study conducted with tenth-grade students, within the framework of an experimental program designed to combat disinformation and strengthen students' information literacy. The pedagogical experiment was carried out in 30 classes, involving more than 700 students. The results show a significant improvement in students' abilities to critically assess information, verify sources, and identify fake news. However, the effects vary according to gender and school context. While the findings highlight both the pedagogical effectiveness of the program and the interest it generated among the students, they also reveal a limited transfer of the skills acquired into everyday practices.
    • Étude comparative des politiques publiques de soutien au secteur des jeux vidéo - Jean-Paul Simon accès libre avec résumé avec résumé en anglais
      Les jeux vidéo sont devenus un moteur de la croissance des industries culturelles, l'un des segments les plus importants et les plus dynamiques du secteur des médias et des loisirs. En 2009, le chiffre d'affaires du secteur atteignait 52 milliards de dollars US, et selon des estimations il pourrait passer de 229 milliards de dollars US, en 2024, à 300 en 2028. L'industrie a constamment élargi son audience intégrant plus de joueuses et des utilisateurs de toutes tranches d'âge. Fin 2022, on dénombrait plus de 3 milliards de joueurs dans le monde. Il a fallu trois décennies pour que l'industrie vidéo de divertissement soit reconnue comme une industrie majeure. Le secteur a ensuite été progressivement reconnu comme un atout économique et culturel. Les pouvoirs publics de nombreux pays ont alors commencé à élaborer des politiques de soutien spécifiques. Ces politiques dépendaient souvent des traditions interventionnistes (ou non) des pays concernés, ainsi que de la situation initiale de chaque cas. Même si les interventions visent in fine à soutenir l'industrie, la hiérarchie des objectifs diffère. Cet article propose une étude comparative des politiques publiques de soutien à l'industrie du jeu vidéo. Il vise à mettre en évidence la diversité des motivations qui sous-tendent ces politiques, notamment le développement économique, le soutien à l'innovation technologique, l'aide à la création, la valorisation du patrimoine et la promotion du patrimoine culturel. L'article se concentre sur quatre pays (Canada, Chine, Corée du Nord et France) afin de montrer comment ces politiques, qui peuvent sembler similaires, sont principalement le produit d'histoires et de contextes locaux, nationaux et régionaux.
      In recent decades, video games have become one of the major engines of growth in the creative industries and one of the most important and dynamic segments of the media and entertainment sector. In 2009, video gaming's global revenue was US$ 52 billion; now estimates anticipate a rise from US$227 billion in 2023 to US$ 327 billion in 2028. The industry has been widening its audience to include older and more female users. Worldwide, there were over three billion players at the end of 2022. It took three decades for the entertainment video industry to be recognised as a major industry. Then the sector has been progressively acknowledged as an economic and cultural asset. The public authorities of many countries started developing specific support policies. Often these policies depended on the interventionist (or non-interventionist) traditions of the countries involved, as well as on the initial situation in each case. Even if the interventions are ultimately about supporting the industry, the hierarchy of goals differs. This article offers a comparative study of public policies supporting the video game industry. It seeks to highlight the diverse motivations behind these policies, including economic development, support for technological innovation, assistance with creation, heritage development, and the promotion of cultural heritage. The article focuses on four countries (Canada, China, North Korea, and France) to show how these policies, which may appear similar, are primarily the product of local, national, and regional histories and contexts.
  • Parutions

  • Comité scientifique du numéro accès libre